Allya Trametemps [première partie]
An 1663 avant l'ouverture de la Porte des Ténèbres par Medhiv, quelque part dans ce qui sera le Sanctuaire de Scarfeu, en Orneval.
Un Elfe d'âge mûr fait les cents pas sur la terrasse de sa demeure, il semble impatient, s'arrête de temps à autre pour regarde à l'intérieur, comme si son regard pouvait percer les tentures
bouchant les fenêtres. De l'intérieur sortes des gémissement, des halètements, on entend des injonctions à pousser, à respirer, à serrer les dents. Pendant une grosse demi-heure ce manège se
poursuit, puis on entend un « Je le vois ! Courage ! »
Enfin un cri retenti, un hurlement de nourrisson, une Elfe d'âge respectable tire les tentures et invite l'Elfe à entrer sur ces mots « C'est une fille, elle est magnifique, venez la voir, allez,
venez... »
Le père entre après un court moment d'hésitation, voit sa fille tout juste lavée par les sages femmes, sa compagne souriante et épuisée sur le lit, prenant sa fille dans ses bras. Ses yeux dorés
brillent dans l'obscurité de la pièce, rompue par la seule lumière de la lune entrant par les fenêtres et la porte. Il s'assoit sur le lit, souriant, ses yeux argenté admirent sa fille, elle a les
yeux d'argent, comme lui, mais ses cours cheveux semblent d'ivoire dans la lumière de la lune. Passé le premier cri, la petite Elfette regarde le monde autour d'elle, intriguée, souriante
aussi.
La vielle Elfe s'avance avec un registre, un grimoire vieux de plusieurs siècles au jugé de son apparence : « Quel sera son nom ? »
Après un court moment à se consulter du regard, les jeunes parents répondent en même temps, « Allya , Allya dernière née de la lignée des conteurs d'Orneval, Allya Trametemps. »
An 1550 avant l'ouverture, Orneval, dans ce qui sera le Sanctuaire de Scarfeu
Une jeune Elfe court à toute vitesse, riant aux larmes, poursuivit par un autre, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, les deux ont le visage taillé à la serpe, le cheveux blanc lumineux, les
yeux d'argent, mais elle est légèrement plus grande, juste un peu. Les deux arrivent au cœur de la vallée, là s'élève une demeure immense, aussi vielle au moins que l'Ancienne, assise sur un banc,
le menton sur son bâton, regarde en souriant courir les jeunes. Ses yeux dorés ont des reflets de soleil, si son visage commence à se rider elle semble encore en bonne forme, seul le regard de déjà
vu, un regard sans âge, qu'elle pose sur le monde, dénote de son grand âge. Elle appelle :
« Allya, cesse de faire courir ton frère, il n'a aucune chance, tu le sais bien !
Enfin Mita, rit l'interpellée dans une roulade pour esquiver son frère, si je ne le fais pas un peu courir jamais il n'aura la moindre chance contre qui que cela soit ! Grâce à moi, elle s'arrête
de l'Ancienne qui sourit de toutes ses dents, il se tient en bonne forme et sera peut-être capable un jour de te doubler à la course.
Tu n'as pas tord, mais pour cela il faudrait d'abord que TU, me rattrape, tu pourras alors songer à me doubler et à enseigner à ton frère, le pauvre, comment faire... répondit la dénommée Mita du
Tac-au-Tac.
Ouf... Han... Pfou... All' tu ... tu vas... Han... tr.. trop vite... fut tout ce qui put être obtenu du jeune Elfe qui suivait Allya, avant qu'il ne s'effondre dans l'herbe devant le banc de
pierre.
C'est quand tu veux Mita, sourit insolemment Allya retournant son regard amusé à son arrière-arrière-grand-mère, je suis prête, enchaîna-t-elle, son souffle totalement maîtrisé.
J'ai toujours dit à tes parents qu'avec ton souffle, ton endurance, ta volonté et ton assurance on devrait pouvoir faire de toi mieux qu'une conteuse, enfin plus, pas mieux, plus... D'ailleurs,
continua l'Ancienne en se levant et en s'étirant, que nous vaut une telle arrivée aujourd'hui ? Tu es rayonnante, tu es si sûre de toi que cela concernant les épreuves d'aujourd'hui.
Après la course, répondit l'intéressée avec un sourire narquois, ne tente pas de dévier du sujet.
Soit jeune impudente, renchérit l'aïeule faussement outrée, voyons ce que vaut le fougue de la jeunesse contre l'expérience de l'âge ! »
Elle partit aussitôt, laissant pour ainsi dire Allya sur le carreau, celle-ci réagit pourtant vite et partit à la suite de son aïeule dans les bois, à toute vitesse, la vieille Kal'dorei se laissa
un peut rattrapée, puis se maintint au même niveau que sa descendante, à sa surprise sans avoir à trop ralentir de son allure maximale, Allya finit par commencer à la doubler, l'Ancienne laissa
faire, par jeu, rattrapant sa fierté d'arrière-arrière-petite fille à chaque fois avant de se laisser à nouveau doubler, puis elle se laissa attraper au jeu, et quand les deux revinrent vers la
maison, filant bon train, laissant sur leur passage des regards amusés des promeneurs et des airs interloqués des animaux, vint un passage serré entre deux rangées d'arbres, voie privilégiées et
directe vers la maison.
Alors que l'Ancienne accélérait doucement pour doubler définitivement la jeune folle, Allya sembla enfin commencer à trouver un intérêt au jeu et se mit à courir à une vitesse impressionnante,
souriante, son aïeule se rendit alors compte de son erreur : trop sûre d'elle elle n'avait même pas remarqué qu'Allya ne s'essoufflait pas, pas plus qu'elle la menait où bon lui semblait, Allya
commença enfin à montrer ses limites de vitesse... trop tard pour que son aïeule en profite, elle pénétra en première la voie entre les arbres, sortant tel un bolide de la forêt pour venir finir en
roulé-boulé devant la maison, se relever et lever la main vers la porte pour la toucher... puis elle sembla se raviser et alla s'assoir à côté de son frère dans l'herbe, pour reprendre son
souffle.
« Eh bien jeune Elfe, qu'attends-tu pour toucher cette porte ? Tu es partie pour gagner ce me semble... non ?
Non Mita, aujourd'hui j'ai appris une chose qui vaut plus qu'une victoire volée ou peu s'en faut... touche cette porte, tu aurais gagné à la course brute, si je n'avais pas fait en sorte de te
duper.
Peut-être... peut-être pas, quoiqu'il en soit ce que tu as fait est partie intégrante du jeu, si tu viens à rencontrer des adversaires un jour, ne pense pas les vaincre avec des capacités brutes,
aujourd'hui tu as montré que tu étais capable d'utiliser autre chose que tes muscles pour vaincre, et cela vaut bien une victoire...
Oui, mais j'ai expérimenté ça avec toi, ce n'est pas chic de ma part, touche cette porte, j'ai reçu plus que ma part de prix aujourd'hui...
Vraiment ? fit l'autre, se gardant bien d'aller ne serait-ce qu'effleurer la porte du bout des doigts, développe je te pries.
Aujourd'hui j'aurai pu rentrer plus tôt, mais j'ai décidé d'attendre mon garnement de frère, commença Allya en désignant son cadet du chef, pendant qu'Aldi' s'entraînait à taper un poteau avec un
bout de métal tranchant, je regardait les plus âgés commencer à s'entraîner au duel et autre...
Tu en regarde surtout un à ce qu'on m'a dit, lança une voix moqueuse dans son dos, mais passons, continue, finit sa mère en venant prendre place au côté de son aïeule, avec les autres femmes de la
famille.
Hum... donc je passais le temps... puis après une heure je suis retournée dans la bibliothèque, lire quelque recueils pour voir dans quelle mesure je m'étais, ou pas, trompée, alors que commençais
à choisir les ouvrages, une voix m'a interpellée...
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Quelques heures plus tôt, Académie d'Astranaar, bibliothèque.
« Allya ? Ne te fatigue pas à chercher les réponses, tu devrais les connaître, tu les as toutes données il y a à peine plus d'une heure de cela à un jury qui n'en revenait d'ailleurs
pas...
M.. Maître Albriens ? Je ne vous avais pas entendu arrivé, bégaya une Allya soudainement respectueuse et timide.
Peut importe, je te cherchais justement, nous avons finit de délibérer, concernant ton cas notamment... C'est saisissant, jamais vu une telle note dans cette académie, pas plus que notre cher doyen
qui a cru un moment à une bonne plaisanterie, allons viens, le Tatoueur t'attend, ton cas mérite d'être traité tout de suite !
Le Tatoueur ? répéta Allya, figée, mais je ...
Pas de discussion, coupa sèchement le maître, tu as voulu être soumise aux épreuves un an avant l'âge de tradition, maintenant tu dois assumer, viens.
Entendu Maître. »
Dans une enfilade de couloir c'est une Allya anxieuse qui suit son maître, ce dernier a un air étrange, Allya n'est pas à l'aise, elle a peur, très peur, notamment de se voir tatouer du symbole des
Honnis, réservé aux élèves ayant particulièrement échoué au premier niveau de l'examen des conteurs, elle en pouvait s'empêcher de s'imaginer les conséquences une fois rentrée chez elle : la colère
de son père, les larmes de sa mère, l'air penaud de son frère, la déception de toute sa famille, son malaise, etc etc... Un bien sombre tableau en vérité. Cependant elle s'efforça de garder la tête
haute, de ne rien laisser paraître, comme résignée a assumer une volonté de passer l'examen une année plus tôt, ainsi qu'un fâcheuse tendance à écrire en cours ses propres contes plutôt que
d'écouter les professeurs débiter des choses qu'elle savait déjà de part sa curiosité naturelle. Elle savait ce qui lui arriverait une fois dans la Salle des Marques, le sanctuaire des respectés et
mystérieux Tatoueurs de l'Académie... On lui demanderai de passer au vestiaire, elle devrait de dévêtir entièrement, puis elle arriverait devant les Tatoueuses, là on lui barrerait de corps d'une
longue et fatale bande noir, fine, mais maudite milles fois par leurs porteurs, symbole des Honnis, les incapables, les présomptueux insouciants et naïfs de se croire meilleurs que les
autres...
Le maître finit par s'arrêter devant une porte, celle-ci portait un symbole, une plume stylisée croisée avec une aiguille, le symbole des maîtres des Encres, les calligraphes des corps, les
Tatoueurs d'Eldarath, dont l'art avait été importé jusqu'ici en Orneval, et plus loin jusqu'à Hyjal et à Auberdine et au nord encore, on disait que même les éleveurs de Sabres-de-Givre au nord du
Berceau-de-l'hiver avaient leurs tatoueurs.
« Entre, tu as étudié les ouvrages de tatouage si je me souviens bien, alors tâche de te souvenir de ce que as pu y apprendre, cela pourra toujours te servir là-dedans, il désigna du doigt le
sanctuaire derrière lui. Entre, et n'oublie pas de passer au vestiaire. »
Sur ces mots il partit, laissant Allya seule face à son destin, et face à la porte du domaine tant désiré et maintenant redouté. Allya finit par pousser la porte et entra, devant elle partait deux
couloir, l'un dont l'entrée était décoré d'une plume, l'autre d'une aiguille, au centre était une porte fermée, portant une représentation calligraphiée d'Elune chevauchant un Tigre à dents de
Sabre, une bête immense, superbe, Alors qu'Allya hésitait, elle se souvint des écrits des manuscrits de la bibliothèque : Si tu doute, si nulle route ne te fut donnée, Elune est la voie, suis là
elle saura te guider...
Ni une, ni deux, Allya poussa la porte centrale, laissant là ses doutes et s'en remettant à la déesse qui saurait la guider, où qu'elle aille, quelque doive être sa destinée désormais.
Elle put entrer sans difficulté, entendant la porte se verrouiller derrière elle, elle continua, droit, sans se retourner, sans voir le sourire du maître qui l'observait par l'embrasure de l'entrée
du sanctuaire, encore ouverte. Elle arriva dans une salle qui tenait tout du vestiaire, elle se dévêtit donc, laissant la toutes ses affaires. Puis elle passa sous les pluies successives d'eau
chaude, d'huiles parfumées, d'eau encore, puis ... d'autre chose, une chose qui n'était pas matérielle... partout il était fait référence à Elune, comme pour qu'elle se sente à l'aise, à sa place.
Elle finit par sortir dans une salle plus grande, là étaient des tables, suffisamment grandes pour qu'une Elfe put s'allonger dessus, les tables avaient toutes à une extrémité un coussin de tissu
rembourré, pour y appuyer la tête vraisemblablement.
Devant la plus grande des tables de tenait trois personnes : une Elfes au mains foncées par l'encre, elle portait à la ceinture un assortiment d'aiguilles, sa ceinture était son seul vêtement,
portant un pagne qui lui donnait un semblant de civilité ; à sa gauche était une autre Elfe, portant elle des pinceaux de toutes les tailles et touts les types, elle portait quant à elle une robe
de lin simple, épurée à l'extrême, sans manches, fendue sur les deux côtés en bas pour un meilleur confort ; enfin à droite de la première était, vêtue de deux bouts de tissu noués à la poitrine et
à la taille, une Elfe plus petite que les deux autres, a côté d'elle était un nécessaire à encres.
Toutes avaient les cheveux blanc, les yeux d'argent et un sourire avenant, malgré un air un peu... effrayant au premier abord.
« Bien, commença celle du centre, nous discuterons de ce qui t'a permis de réaliser une telle prouesse plus tard, prend place je te prie, elle désigna la table devant elle, je suppose que, comme
tous les étudiants, tu as déjà une idée de ce que pourrait être ton tatouage, on va peut-être en reparler un peu mais viens t'assoir déjà, tu seras mieux.
Mon tatouage ? Vous voulez dire que... j'ai réussi l'examen ?!
Ah... commença la Peintre, je vois, on ne t'a pas précisé la raison de ta visite ici je présume... les Maîtres sont d'incorrigibles gamins quand même ! elle éclata de rire là-dessus, accompagnée
par les deux autres, puis bientôt par Allya qui se détendit d'un coup.
Allons petite, viens et discutons entre nous, tu as déjà ouvert un des manuscrits de notre Art au moins ?
Louve, répondit Allya, je suis Louve.
Eh bien... ma foi, il semble que tu ais mérité ta note... allons mes sœur lança la Tatoueuse aux deux autres, au travail, nous avons un dessin peu commun à réaliser aujourd'hui ! »
Deux heures plus tard, à la sortie « publique » du Sanctuaire
Allya sortit, habillée, et tomba sur ses maîtres au grand complet, Maître Albriens lui montra un rouleau de parchemin, portant le sceau bleu de l'Académie, Allya fit non de la tête, puis montra
deux avec ses mains. Elle sortit ensuite, respectant le vœu de silence d'une heure suivant le Rite de Marque, une heure plus tard son frère sortait de ses cours de l'Académie du Combat et commença
la course vers la demeure familiale.
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Allya était assisse les jambes croisées, dans la traditionnelle position du conteur, autour d'elle toute la maisonnée, comprenant ses aïeux encore en vie, ses parents, son frère, ses cousins et ses
oncles et tantes, étaient assis et la regardait, une lueur de respect dans le regard. Nul ne parlait, ce qui n'empêcha pas d'arriver un hippogriffe monté par un jeune Elfe, apprenti des guerriers à
en juger par ses armes. Il se posa et se présenta devant les parents d'Allya leur tendant le rouleau que cette dernière avait vu un peu plus tôt dans les mains de Maître Albriens. Son père le prit
et l'ouvrit tandis que l'Hippogriffe repartait sans son cavalier, le laissant là.
Une fois la lecture finie, le père d'Allya fit passer le manuscrit à sa compagne, puis il circula dans les mains de tous avant d'arriver dans celles d'Allya, qui redescendit sur terre pour
l'occasion, s'étant perdue dans le regard argenté du messager, qui lui souriait en retour. Elle prit le parchemin et ne comprit pas tout de suite le contenu du message... puis elle réalisa, une
étoile, une simple étoile à six branches ornait le rouleau. Cela ne pouvait signifier qu'une chose... Lorsqu'elle releva la tête, un sourire ébahis au visage, sa mère lui sauta au coup et son père
les pris toutes deux dans ses bras, son frère, semblant réaliser l'exception que constituait sa sœur, bondit et hurla de joie, entraînant le reste de la famille dans sa liesse. Le messager ramassa
le parchemin tombé à terre et cru avoir une vision, le message était une figure théorique qu'on utilisait pour symboliser la perfection, cela signifiait qu'Allya avait obtenu mieux que la note
maximale habituelle... beaucoup mieux...
An 1414 avant l'ouverture, Orneval, dans ce qui sera le Sanctuaire de Scarfeu
La Lune est pleine, sur la grande terrasse de la demeure familiale des Trametemps, un jeune Elfe, le messager, autrefois apprenti des guerriers, se tient, vêtu d'une tunique a l'allure officielle,
il semble tendu, mais heureux aussi. A ses côtés, quelque peu en retrait se tiennent des Elfes qui semblent appartenir à sa famille, ils sont son père, sa mère, ses parents proches, tous sont là et
n'occuppent pourtant qu'une petite moitié de la terrasse. En face se tiennent les Trametemps, Conteurs, Chasseurs, Druides, tous, depuis les plus éloignés des cousins au plus proches parents sont
là, Mitarine Trametemps, chasseuse de renom, seule, manque à l'appel, ainsi qu'Allya, sa descendante préférée comme elle aime à le dire.
Une ou deux minutes passent, nul ne bouge, puis, alors que le silence envahit la forêt, que le murmure même du vent se tait dans les branches, les Elfes sur la terrasse semble tous expirer en même
temps, comme s'ils avaient retenu leur souffle depuis les dernières minutes. La lune atteint son zénith, la porte double située dans le dos des Trametemps, donnant sur l'intérieur de la demeure,
s'ouvre sans un bruit. Vient d'abord « Mita » elle a revêtu une tenue noire comme la nuit environnante, elle s'avance, le visage fermé, s'arrête devant le jeune Elfe qui se tient au milieu de la
terrasse. Elle le scrute, le jauge, semblant l'évaluer du regard, puis son regard, ses yeux d'or, sans âge, se plongent dans l'argent brillant de la vue du prétendant. Elle reste ainsi deux bonnes
minutes, sans bouger d'un pouce... puis elle lui tourne le dos et semble chercher quelque chose dans les ténèbres de l'embrasure de la porte ouverte, elle acquiesce à l'obscurité un accord a un
traité inconnu, puis s'efface et va se placer au premier rang des Trametemps.
Une seconde passe, puis deux, puis cinq, puis dix, puis quelque chose bouge dans les ténèbres, tous ont leur regard fixé sur l'allée qui mène de la porte au prétendant, seule Mita sourit, regardant
les arbres, semblant prier, remercier Elune d'une Grâce inconnue à tout autre qu'elle. Un Sabre-de-nuit sort alors par la porte, il est noir comme la nuit, avance de deux pas sous la lune et se
couche, comme si le monde n'existait pas, a la stupéfaction de tous, sauf la chasseresse, doyenne de sa famille.
Le jeune Elfe lève alors la tête vers la Lune, presque désespéré semble-t-il, alors il la voit, dans une tunique d'un blanc pur, que l'on pourrait confondre avec la Lune, elle se redresse sur le
faite du toit, et c'est pour lui comme un second astre de la nuit qui daigne lui apparaître. Elle s'avance à la pointe du toit et étend les bras, comme un oiseau ses ailes, et elle avance d'un pas.
Alors qu'elle commence à tomber, l'immense félin se met alors en mouvement et bondit pour que la jeune Elfe atterrisse sur lui, il s'avance alors jusque devant un prétendant qui n'en revient pas,
Allya descend de sa monture et vient se mettre face à face avec lui. Il prononce quelques mots, si bas que nul ne l'entend sinon ,sa belle elle ferme les yeux un instant, puis sourit et les rouvre,
elle passe alors ses bras autour du cou de celui qui est désormais son époux et l'embrasse avec tout son amour.
Sous les vivas des deux familles, la Lune éclaire une union de deux de ses enfants, au même moment, dans le couvert des arbres, la chasseresse Mitarine, la tête appuyée sur son familier de
toujours, si noir qu'on ne le distingue dans les ombres, ferme les yeux, une larme unique coule sur sa joue droite, tandis qu'elle sourit aux étoiles... Kal'dorei...
An 1163 avant l'ouverture de la Porte des Ténèbres, Orneval, dans la vallée qui sera le Sanctuaire de Scarfeu
La nuit règne en maître sur la vallée, seule une demeure reste éclairée, brillant et vibrant de l'intérieur, de la vie qui l'anime. Près d'une cinquantaine d'Elfes sont réunis à l'intérieur tous
parlent, au centre est une Elfe aux cheveux blancs d'ivoire et aux yeux argentés, elle tient un bébé, un petit garçon semble-t-il, aux yeux d'or, et celui qui doit être son compagnon, et le père de
son enfant, se tient à ses côtés, ses cheveux longs et verts, ses yeux d'argent, il tient sa femme et son fils dans ses bras, les deux parlent et rient avec des membres des deux familles, nul ne
semble se douter de ce qui vient...
Quelques heures plus tard...
Sur la terrasse de la demeure Trametemps un silhouette est accoudée à la rambarde et contemple le ciel sans Lune. Une autre sort de la maison et vient s'accouder aux côtés de la première, plus
fine.
« Tu ne trouve pas le sommeil ? murmure la seconde silhouette
Non petit frère, répondit Allya en souriant, mon tatouage me démange encore.
Tout de même... conteuse à 500 ans, il fallait le faire, et tu l'as fais... Ils dorment ?
Oui, Eyko' est épuisé, il a ferraillé toute la journée.
Et mon filleul et neveu ? Il se décide enfin à vous laisser dormir ?
Oui, Aloon dort aussi, sourit sa sœur en retour, mais il promet d'avoir le même caractère que toi... ce ne sera pas ton filleul pour rien ! »
Alors que frère et sœur riaient doucement, au loin, sous les arbres, un être qu'on eu pu dire constitué d'ombre, plus noir encore que la nuit, s'avançait, derrière elle des centaines d'êtres
semblables et d'autres plus grands ou plus petits, venaient. Ils s'arrêtèrent tous à la limite des arbres et de la clairière, des ténèbres et de la lumière chiche que dispensaient les étoiles, de
la mort et de la vie. Un courant d'air frais parcouru alors la forêt, à peine un souffle d'air qui porta l'odeur de souffre et de vice, de malheur et de mort, jusqu'à Allya et Aldier.
« Tu as sentis ?! bondit ce dernier
Oui... Démons ! hurla Allya. Démons ! Alerte, démons ! »
La suite sembla se dérouler comme dans un rêve pour Allya, ou plutôt un cauchemar. Au son de son cri, toute la maisonnée s'éveilla, Eykolan sortit sur la terrasse avec l'enfant dans les bras, et le
donna à Allya, il repartit sur ces mots « Aldier, elle doit pouvoir s'échapper, Allya, va prévenir Astranaar, on va avoir besoin de renforts ! » il fonça ensuite tenir la porte principale, avec les
autres guerriers présents, tandis que les chasseurs, prenaient position sur le toit et que tous les autres prenaient place là où ils seraient utiles. Mita surgit soudain devant Aldier et Allya et
les guidas aux écuries, elle sella un tigre en quelques secondes et plaça Allya dessus, son fils dans ses bras, alors qu'elle ordonnait à Aldier de détacher les autres tigres et de les placer
devant la porte, elle dit ces mots à Allya « Va, file comme le vent, plus vite que tout ce tu as osé à ce jour, sans te retourner, vas à Astranaar, vas et reviens, avec des renforts. Et surtout,
surtout, une chose, il y a une chose... souvient toi : Rage, sang, mort pour la déesse, honneur et respect du souvenir, alors n'oublie pas, venge et vit, ton fils sera druide, la voie des lames
t'es ouverte, suis là ! »
Les portes s'ouvrirent alors, laissant passer un flot de tigres faisant entre un mètre et un mètre cinquante au garrot, au centre de la meute était Allya, juchée sur un bête noire rayée, son fils
dans les bras, les dents serrées, les yeux humides. Tandis qu'Aldier verrouillait l'accès aux écuries depuis la maison, Mita rejoignit le centre de la maison, prenant place sur une plate forme
dominant la pièce commune. Une première vagues d'être hideux avançait déjà sur la demeure qui révélait sa véritable nature : un forteresse, maison de Mitarine Trametemps, chasseresse de renom.
Celle-ci balança la tête en arrière et rugit, son appel résonna dans toute la forêt, tandis que les premières flèches abattaient les démons qui venaient à découvert.
Moins de dix minutes plus tard, Astranaar
Allya arrive devant le premier pont de la cité intérieure, elle passe les porte et s'élance vers le corps de garde le plus proche, elle explique en quelques mots essoufflés ce qu'il se passe chez
elle. Alors que sonne la cloche d'alarme sonne les sentinelles, sortent des baraquements, de la forêt, une longue colonne s'élance vers la vallée, des chasseresses sautent sur les tigres venus avec
Allya, leur fameux glaives à la mains et s'élancent en tête, suivant Allya qui les guide. Alors que les guerrières et la conteuse arrivent à l'entrée de la vallée, la maison est en flammes,
entourée de démons un percée semble avoir été pratiquée par un groupe de guerriers, couverts par les quelques chasseurs encore en vie sur un toit qui flambe sous les boules de feu tirées de la
forêt.
Retentit alors un cri de haine et de rage « Venez, démons, venez mourir, je suis Mitarine Trametemps, j'ai combattu la première invasion de la légion, et j'ai survécu, alors ce n'est certainement
pas vous qui allez me faire peur. Venez ! »
Quelques jours plus tard,dans la vallée, une Elfe est agenouillée, devant elle un carré de cendres fumantes, seule trace de ce qui fut sa demeure, celle de ses ancêtres, et celle de leurs ancêtres
avant eux. De cela il ne reste rien, rien d'autre qu'un souvenir, un souvenir de mort, un souvenir de peur et de destruction. Allya se lève et, alors qu'elle parcours les cendres, un objet attire
son attention, elle se penche et ramasse ce qui semble être une lame, elle essuie les cendre et la suie qui salissent l'arme sur sa tunique et reconnaît l'arme de son aïeule, sur la lame sont gravé
quelques mots en une langue que seuls lisent les conteurs, Allya lit, comprend. Elle ferme les yeux et murmure : « Je n'oublie pas Mita, je n'oublierai jamais. »
Suite à cet épisode on ne sait pas trop ce que fit Allya pendant près d'un millier d'années. Puis elle reparut lors de l'affrontement au mont Hyjal et, lames à la main, elle combattit les démons
avec les siens, les orcs, les hommes, les taurens, et tous ceux qui s'étaient alliés contre Sargeras. Elle assista au miracle de la destruction du Titan Noir, puis repartit sur les routes. On sait
qu'en l'an 27, elle était en Norfendre, on sait aussi qu'elle s'est liée des être pour le moins différents et étranges : ses deux élèves, une Draeneï nommée Aldenai tout d'abord, puis un nain du
nom de Mjöd; mais aussi un paladin appellé Asimov, Draeneï lui aussi, âgé de plus de 10 000 ans, mort aujourd'hui sous la lame des chevaliers de la mort. De nombreux autres encore. Maintenant Allya
se remet lentement d'une blessure qui l'a diminuée gravement. Elle conserve cependant toujours la farouche envie de tuer, de se battre, sa haine des démons est intacte et elle reprend
l'entraînement pour continuer la lutte.