Partager l'article ! EVEIL, Chapitre premier, promotion: République d'Irlande, Région du Connacht, Baie de Galway, Base EVEIL, le 31 Mars 2012, 8h ...
Une sonnerie retentit dans une chambre, une voix métallique emplit la cellule "Debout", tonne-t-elle, c'est peine perdue ici, les cinq lits sont déjà faits au carré, la chambre est propre, aérée, vide. Dans la cours sur laquelle donne son unique fenêtre des silhouettes éparses sortent des bâtiments au fur et à mesure que les recrues se réveillent, seuls au milieu de la cour, exactement à leur place, ils se tiennent, tous les cinq, présent depuis que la sonnerie a retenti, et même avant, en avance par rapport aux autres, toujours, comme chaque jour depuis trois ans. Nous sommes le 31 mars 2012, aujourd'hui est le dernier jour, mais tous sont près comme chaque jour, il doivent feindre de ne rien savoir de ce fait : ils vont partir en mission, enfin, mais cela doit être tu.
Le groupe au centre est constitué de deux filles et de trois garçons, ils sont placés en triangle, deux garçons en queue, un garçon et une fille ensuite, la point étant formée par la dernière fille, haute de deux mètres vingt, le cheveux blanc, l'œil rouge, le port altier, gracieux et puissant. Les autres derrière sont impressionnants aussi mais paraissent inoffensifs par comparaison avec "Elle", Eyris, tous savent qu'aujourd'hui c'est elle qui recevra le commandement des opérations par l'Amiral Nay en personne, tous, sauf elle, elle se sait exceptionnelle, mais ne pense pas valoir plus que les autres, pas particulièrement plus. En réalité aucun ne fait le point face à elle, dans tous les sens du terme, toutes les recrues le savent, même les anciens le savent, tous l'on défiée, par curiosité, par jeu, par défi, tous ont perdu, elle a appris de ses maître pendant trois mois avant de continuer en autodidacte, non parce que les maîtres ne voulaient plus d'elle, mais parce qu'ils n'avaient plus rien à lui apprendre. Elle a à peine vingt ans, elle est pourtant en passe de sauver un monde, le sien, et la surprise sera de taille pour elle puisque cela la renverra sur le lieu de ses origines, Marseille, dans le sud de la France...
Tous sont réunis à présent, les 800 recrues de la "récolte" de il y a trois ans. Tous on acquis une parfaite maîtrise de leurs pouvoirs respectifs et de leurs capacités, magiques ou non. Lorsque l'Amiral Nay entre à son tour dans la cour, une cour immense, surplombée par une verrière donnant vue sur la mer qui couvre et masque la Base EVEIL au reste du monde, aux pêcheurs qui passent, chaque jour avec leurs chalutiers et leurs navires de pêche pour aller gagner leur vie et nourrir leur famille, lorsque l'Amiral entre en ce lieu, prouesse impensable à ceux de la surface, il est fier, ça se voit dans son regard, ça se voit dans sa démarche, son torse bombé, il promène un œil presque paternel sur les recrues, la toute dernière génération sortie de l'école dont il fut un des premiers à l'intégrer. Bien sûr il n'avait pas de pouvoirs, il n'était qu'un homme, mais quel homme. Il était devenu Amiral en un temps record, il avait pris la tête des lieu deux ans plus tôt, suite au décès en exercice du tyran qui dirigeait l'endroit avant lui, au nom de la Grande Alliance des Nations bien sûr... Il avait été tué lorsqu'il avait voulu démontrer devant témoin que les militaires de carrière comme lui, avec des années d'expérience, seraient toujours meilleurs que toutes ces "aberrations de la nature" comme il appelait les recrue. Il avait alors entreprit de s'en prendre à un des guerriers de la génération de la Dragonne, comme on l'appelai, un grand noir en formation, le matricule 703... Pour son malheur le matricule 1691, la Dragonne en personne, était dans le coin, hors de sa vue. Il s'est vu défié en combat à mort avant d'avoir le temps d'insulter copieusement l'arrivante, il avait accepté, sûr de lui, la Dragonne était très en avance sur les autres, elle avait déphasé et rephasé quelques dizaines de fois, combattant hors temps autant qu'en temps. Le défié s'était retrouvé mis à nu, ou plutôt en caleçon, en moins de temps qui n'en faut pour le dire. Il lui restait juste son arme à feu et son sabre, il à tiré, elle n'était déjà plus là, il avait enfreint les règles, elle pouvait le tuer sans état d'âme. Par la suite on a pu l'envoyer nourrir les poissons, en plusieurs fois... On aurait pu aussi le renvoyer chez lui, mais il aurait fallu faire plusieurs colis et on n'avait de budget pour ça. L'Amiral était devenu Commandant de la Base EVEIL en prime d'être débarrassé, et toute la base avec lui, d'un poids. En deux ans les conditions d'entraînement et de confort globales avaient beaucoup augmenter. Aujourd'hui la 17eme génération de "Veilleurs" puisqu'on les appelais ainsi, allait recevoir son organisation et son uniforme, lui serait confiée également sa première mission et trois jours pour la préparer. L'Amiral Nay, lorsqu'il entra dans la cour, émergeant de ses pensée, et lorsque se posa son regard sur les cinq de tête, et particulièrement sur Eyris Ijlan, le matricule 1691, il était fier, et il avait de quoi l'être.
Les 800 Veilleurs de la 17eme génération prirent tous place, en colonnes et en lignes, occupants les trois-quarts de la cour. L'Amiral, suivi d'un gratin militaire conséquent et de plusieurs estafettes, prit place sur une estrade installée ce jour là de manière que l'espace de la cour était insuffisant pour effectuer les manœuvres quotidiennes, ce jour serait donc différent, tous en avaient conscience désormais, ce serait LE jour. Nay s'avança jusqu'à un pupitre et prit la parole :
"Messieurs les Généraux, Maréchaux, Amiraux, commença-t-il, tourné vers les militaires à ses côtés, messieurs du Haut Commandement, Recrues, nous sommes ici rassemblés pour fêter, en quelques sortes, l'aboutissement de trois ans de dur labeur, pour fêter l'avènement de la 17eme génération de Veilleurs, votre jour de gloire est celui-ci jeunes gens, si vous en voulez d'autres il vous faudra les gagner. D'ici quelques heures maintenant, reprit-il, vous aurez vos ordres de mission et vous vous préparerez en vue de celle-ci, cependant, il reste quelques.. formalités administratives dirais-je, qui méritent que l'on s'y attardent pour qu'elles soient réglées au plus tôt, et au mieux. En effet, pour la première fois depuis le début du programme EVEIL une promotion est suffisamment conséquente pour qu'y soit établi une hiérarchie. Les grades se répartiront donc ainsi au seins des Veilleurs : Capitaines, Adjudants, Majors, Lieutenants et enfin Commandants. Ceux-ci n'auront à répondre de leurs actes que devant moi-même ou le commandant de la base en fonction. La question de nommer un Commandant dès maintenant s'est posée et nous à diviser longtemps, avant que nous ne parvenions à une décision."
S'ensuivit la nomination des 108 Capitaines, 36 Adjudants, 12 Majors, on arriva enfin a la nomination des officiers et, peut-être de celle de l'officier supérieur.
"Les postes de Lieutenant seront occupés par : le matricule 0703, s'avança alors le plus grand des trois garçons du groupe des cinq, le matricule 1412, s'avança un autre des garçons, le matricule 0313, la fille fit un pas en avant, et enfin, le matricule 0824, s'avança alors le dernier garçon."
L'Amiral Nay descendit de l'estrade, accompagné du gratin et des estafettes, il s'avança devant les quatre nominés, il leur remit leurs insignes, flambants neufs, superbes, ceux-ci avaient forme d'aile déployée, une aile bleue, comme de dragon. Alors que l'Amiral s'apprêtait à faire demi-tour une estafette lui amena un coussin de velours sur lequel reposait un dernier insigne, un croissant de lune bleu marine.
"Et bien ? Qu'est-ce ?
Mais, c'est l'insigne de Commandant, Amiral."
De Commandant ? Vraiment ? Mais je croyais que le haut commandement n'avait pas jugé nécessaire d'en nommer un ? répondit Nay en jetant un regard assassin à un groupe particulièrement vieux de généraux qui semblèrent ressentir un furieux besoin de se trouver ailleurs.
Et bien il semble que nous ayons changé d'avis en ce cas, s'avança l'un d'eux, Cependant pas sur la condition de nomination au poste, une condition que vous aviez refusée et qui nous avais amené à refuser de nommer un commandant dans l'immédiat. Si vous changez d'avis concernant cette condition alors nous vous autorisions à nommer un commandant de votre choix parmi ceux-là, il désigna l'assemblée des Veilleurs de la 17eme génération.
Soit, j'ai changé d'avis concernant cette condition, je peux ? demanda l'Amiral, tendant la main vers le coussin, une lueur étrange dans le regard.
Nous vous en prions.
Fort bien, me laisserez vous le loisir de réfléchir à qui sera élevé à ce rang ?
Bien évidemment.
Parfait, en ce cas, il se tourna vers les Veilleurs, : vous aller maintenant regagner vos cellules et y revêtir les uniformes qui y ont été déposés, nous nous retrouverons dans 90 minutes précises ici. Rompez !"
Base Eveil, cellule des Matricules 0703, 1412, 0313, 0824 et 1691
Eyris fut la première entrée dans la cellule, elle alla s'effondrer sur sa couche, elle n'était même pas gradée, elle pensait mériter au moins cela, surtout au vu de ses actifs à l'entraînement, elle était largement en tête de tous les classements, qu'ils soient internes à la promotion ou généraux et s'étendant aux 17 générations formées. Mais il semblait qu'elle n'avait pas l'étoffe d'un officier, qu'elle devrait se contenter de suivre les ordres comme une bête bien élevée. Bien sûr, elle aurait du s'en douter, elle devait faire peur au Haut Commandement, trop brillante, trop puissante, elle avait été reléguée au rang de Soldat, tout juste bon à servir. Parti comme ça l'était elle se voyait déjà finir sa carrière comme seconde classe, reléguée au fond de bureaux poussiéreux là où elle ne dérangerait pas. Et puis elle se redressa, consciente que les autres la regardait, attendaient ses ordres en un sens. Eux la considérait encore comme un chef de file, chef qu'ils avaient suivi pendant trois ans.
"Et bien ? Qu'attendez-vous pour passer vos uniformes ? Vous êtes Lieutenants maintenant, plus Recrues.
Et toi ? Répondit le Lieutenant Wounda, la seule autre fille du groupe, toi, que vas-tu faire ? Devenir ?
Ça je n'en ai aucune idée, apparemment on ne veut pas de moi avec un grade et...
A mon avis le Haut Commandement ne veut pas de toi, mais Nay connait ton potentiel, c'est toi qui a motivé tout le monde lors de l'exercice sous marin, en autonomie, c'est grâce à toi qu'on est tous revenus sur ce coup là, coupa le Lieutenant Hyjos.
C'est vrai, renchérit le Lieutenant Gones, sans toi il manquerait au moins 50 des personnes qui se sont vues décorées aujourd'hui.
Exa, enchaîna le Lieutenant Kriss, tu devrait aller voir l'Amiral à mon avis, finit-il en la faisant lever alors que les autres la poussaient vers la porte, il t'attends qui plus est.
Base EVEIL, bureau du Commandant de la Base, 10h10
"Matricule 1691 au rapport Amiral.
Bien Recrue Ijlan, repos.
Bien Amiral, Eyris s'affaissa plus qu'autre chose, le terme de recrue signifiant qu'elle n'avait même pas le rang de soldat Veilleur.
Vous savez pourquoi je vous ai convoquée alors que vos camarades passent leurs uniformes ?
Non, Amiral.
Veuillez passer dans la pièce à côté et y revêtir rapidement l'uniforme qui s'y trouve, insigne compris. Le Haut Commandement n'est qu'une bande de vieillards misogynes, gardez le pour vous bien sûr, et concernant la condition qu'ils on énoncé j'ai bel et bien changé d'avis, j'ai décidé de passer outre. Mais allez passer votre uniforme Matricule 1691, nous discuterons ensuite.
A vos ordres Amiral.
Eyris entra dans la pièce adjacente au bureau de l'Amiral, elle y trouva, posée sur une table, un uniforme complet qu'elle reconnu instantanément pour l'avoir contemplé cents et cents fois depuis qu'il avait été conçu et réalisé près de trois mois auparavant, puis exposé. Elle revint moins de 15 minutes plus tard dans le bureau de l'Amiral. Elle y trouva les Généraux du Haut Commandement. Ils faillirent faire une attaque en la voyant ainsi entrer.
"Grands Dieux, commença l'un d'eux, mais que diable faites-vous ici ? Dans cette tenue ?
Non de non... Vous n'avez tout de même pas osé Nay ? Vous nous aviez dit avoir...
... Avoir changé d'avis concernant votre condition, en effet, comme vous pouvez le voir j'ai décidé de passer outre, plutôt de que me contenter de ne pas choisir de Commandant. Ensuite il est vrai qu'ils on raison en un sens, continua-t-il en se tournant vers Eyris, vous n'êtes pas encore dans une position vous permettant de ne répondre que devant moi de vos actes, matricule 1691, vous ne pouvez encore vous permettre d'indisposer ainsi le Haut Commandement et de lui faire risquer une mort prématurée par attaque cardiaque, finit-il avec un sourire amusé aux lèvres.
Nay, je ne vous permet pas.
Vous n'avez rien à me permettre ici mon Général, Nous sommes en ces lieux sous ma juridiction.
N'espérez pas que nous donnions notre aval à une telle décision, enfin, soyez logique, un femme à la tête de la défense de ce monde contre les intrusions paranormales... Vous n'y pensez pas !
Que si que j'y pense, je ne pense qu'à cela à vrai dire. Messieurs cette discussion est terminée, nous allons devoir nous rendre dans la cour, les Veilleurs ont dores et déjà commencé à s'y masser, ils attendent avec impatience de voir qui sera leur Commandant.
Nous ne sortiront pas d'ici tant que vous n'aurez accepté de vous rétracter, et peu importe les Veilleurs, ils attendront, il n'est pas question que...
Voulez-vous vraiment donner une image plus déplorable encore de vous-même à cette nouvelle génération, génération dont dépendra notre avenir ? Tenez-vous donc tant que cela à ce passez pour ce que vous êtes ? Car ne vous y méprenez pas, je ne passerai pas sous silence votre pression si vous réussissez à me faire rétracter. Ce qui n'est pas gagné en soit.
Et que sommes-nous d'après vous ?
Je ne saurais trouver de mot me permettant de le dire en vous évitant une crise de contrariété mortelle, ce qui serait fâcheux car, malgré vos tendances misogynes, vous restez le Haut Commandement...
La discussion se termina là et ils sortirent, le Haut Commandement d'abord, ensuite l'Amiral puis le Matricule 1691. Ils se dirigèrent vers la cour en compagnie des Lieutenants Kriss, Hyjos, Wounda et Gones qui attendaient devant le bureau. Une fois dans la cour le Haut Commandement repris sa place devant le gratin militaire rassemblé là, les cinq vieux généraux maugréaient encore dans le semblant de barbe qu'ils se laissaient pousser. Les uniformes des Veilleurs étaient flambants neufs, Ils allaient de tous les tons de turquoise pour les classes magiciennes pures, au bleu nuit pour les guerriers, les soigneurs avaient un uniforme bleu ciel et les puissants un uniforme bleu marine comme brodé de rune, dans la mesure où l'on peu broder de la plate bien sûr... Cette mer d'uniformes tranchait avec le vert de celui des Maréchaux, Généraux, Amiraux, présents ce jour là. D'ailleurs l'Amiral Nay avait clairement affiché qu'il n'en était pas puisque il portait non pas l'uniforme d'Amiral mais celui de Commandant de la Base EVEIL, bleu également donc. Les quatre Lieutenants prirent position à la tête de leurs troupes, l'Amiral devant eux, à bonne distance, de profil. Eyris rejoignit les rangs, tout devait être fait dans les règles, et pour l'image. Une fois au milieu des autres, elle se mit au garde-à-vous, comme eux, attendant. L'Amiral de tourna alors vers les Veilleurs :
"Repos, soldats. Matricule 1691, au rapport ! Clama-t-il alors.
Matricule 1691 au rapport Amiral, dit Eyris une fois sortie des rangs et venue se placer face à l'Amiral, de profil par rapport aux autres.
Désormais, il prit un insigne bleu nuit sur un coussin, vous ne répondrez de vos faits et gestes que devant moi et vous ne prendrez vos ordres que de moi, ou du Commandant en fonction, il accrocha l'insigne à l'uniforme d'Eyris, Commandant Ijlan...
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