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Chapitre deuxième : retour aux origines
République d'Irlande, région du Connacht, Base EVEIL, 31 Mars 2012, 14h20.
"Commandant Ijlan au rapport, mon Amiral.
Repos Commandant, répondit Nay, voici, dans cette enveloppe cachetée vos ordres de mission. Vous partez le 2 Avril au matin, avec toute la 17eme. Les détails sont dans l'enveloppe.
Bien, mon Amiral.
Parfait, vous pouvez disposer maintenant, nous nous reverrons ce soir au diner, au mess des officiers.
A ce sujet mon Amiral...
Qu'y a-t-il ?
Eyris respira à fond puis se lança, elle avait prévu le coup, et les arguments en conséquence.
J'aimerai autant que possible rester au contact de mes troupes, partager leur repas notamment. Je l'ai fait tout au long de ces trois années et c'est ce qui a fait qu'ils m'ont suivi pendant tout ce temps, c'est aussi en partie grâce à cela que vous m'avez choisie pour ce poste au final je pense. Aussi, sauf votre respect mon Amiral, j'aimerai continuer à pouvoir passer parmi eux, leur parler, les assurer de ma présence. Alors que si je mange au mess avec vous et les autres généraux ça ne sera plus possible.
Je comprends Commandant, ma foi après tout pourquoi pas. S'assurer qu'ils vous seront fidèles dans toutes les situations n'a pas de prix, l'amour-propre de nos invités et autres gradés dût-il en pâtir... Mais qu'en sera-t-il alors de vos Lieutenants ? Ils ont aussi droit à manger avec les officiers.
Nous en avons parler, ils feront comme je ferai.
Vous avez déjà un appuis assez impressionnant parmi vos hommes pour un Commandant à la carrière si courte encore 1691... Mais soit, accordé, je pense que vous êtes sur la bonne voie. Bien, nous nous reverrons peut-être alors ce soir, si je réussi à mettre au point une petite idée entre-temps. Vous avez vos ordres... Rompez !"
Eyris, reconnaissante, salua et sorti du spartiate bureau de l'Amiral Grégor Nay, Commandant de la base EVEIL. Elle prit le chemin de sa cellule, rendant d'un signe de tête le salut de tout ceux qui la croisaient. Elle avait du mal à ne plus saluer les gradés "normaux" de la base, y compris les membres des générations d'EVEIL antérieures à la sienne. Elle entra sans frapper dans la cellule portant le numéro 10, ses quatre Lieutenants, ses âmes damnées tout au long de ces trois dernières années, ses égaux, étaient là et l'attendaient, parlant de ce en quoi pourrai consister leur première mission. C'était certainement une des dernières fois où ils pourraient parler ainsi, dans la tranquillité de leur cellule, en effet, le soir-même ils déménageraient tous pour leurs bureaux/chambres respectifs, en tant que gradés ils y avaient droit. Les Soldats et Sous-Officiers également, quoiqu'en dortoirs de cinq pour les Soldats, et sans bureau.
Eyris regarda un moment ses amis, l'enveloppe à la main, les détaillant pour la première fois depuis un temps infini. Il y avait là le Lieutenant Kriss, Mattheus Kriss Von Wolff de son nom complet, il savait faire des plantes des élixirs guérisseurs comme des poisons mortels et avait, en prime, un dont pour le maniement des lames courtes ou semi-longues, il avait pour habitude de les enduire de ses décoctions nuisibles à la santé, pas en entraînement bien sûr. C'était un grand escogriffe tout en longueur et en finesse. Il portait un habit bleu nuit, agrémenté seulement de l'insigne de Lieutenant qui, à y regarder de plus près, était en fait cousu dans le tissu et grisé pour ne pas briller à la lumière et permettre une meilleure discrétion. Il portait un assortiment de dagues de lancé et un poignard et une rapière, tous en métal poreux, permettant de les enduire plus efficacement de poison. Un astucieux enchantement permettait l'étanchéité des pores à l'eau et au sang, permettant un long usage avant qu'il y ait besoin de renouveler le poison.
A son côté, comme toujours, était le Lieutenant Keïzyboo Wounda, spécialiste du corps à corps, elle portait une armure de plate qui lui servirait autant à la parade que sur le terrain. Belle et fonctionnelle, noire comme la plus sombre nuit sans lune, qui aurait en prime absorber la lumière des étoiles. Seules quelques brandes blanches venaient agrémenter ce sombre uniforme fait d'un métal des plus résistants et léger. Peint dessus, en blanc également, était l'insigne de Lieutenant. Elle se savait se battre avec tous les types d'armes, mais avait une préférence marquée pour l'épée à deux mains, double tranchant. Sa taille plutôt petite était trompeuse, elle pouvait, en conflit d'arme strict, vaincre aisément toute la 17eme en duel. Il fallait à Eyris passer en forme secondaire pour avoir la puissance nécessaire pour briser sa parade. Elle maniait donc une lame à deux mains, à la garde gravée mais sobre. Le métal était spécialement conçu pour arrêter la magie et résister au chocs de très grande ampleur. La magie absorbée était "recyclée" et permettait à l'utilisateur de l'arme de voir augmenter sa force et sa vitesse, de même que son endurance et sa capacité à l'anticipation.
Directement face à la Dragonne se tenait le Lieutenant Karl Gones, mage de son état maîtres en les arcanes, tout autant magiques que celles de la diplomatie. Il était vêtu d'un tissu ignifugé et isotherme, taillé un vêtement qui aurait pu passer pour civil si la coupe n'en avait été aussi stricte et si il n'avait arboré l'insigne de Lieutenant. Il avait une nette préférence pour le feu dans ses sorts, et ce la se sentait car il était prompt à enflammer l'espoir et le courage des Veilleurs. Eyris le savait être un précieux élément, l'Amiral Nay ne s'y était pas trompé en le nommant Lieutenant.
Enfin, toujours en retrait, assez peu à l'aise au milieu de trop de monde venait le Lieutenant Eykolan Hyjos. Discret soigneur, le meilleur dans ce domaine, il avait toujours préféré la mobilité à l'efficacité autre et était passé maître dans l'art de prodiguer des soins plus ou moins importants tout en courant à pleine vitesse. Il maniait le bâton comme personne et pouvait, disais-t-on, changer de forme à volonté pour accentuer certains de ses atouts. La Dragonne était la seule à en savoir assez à ce sujet parmi les Veilleurs pour savoir à quoi s'attendre le concernant et établir des stratégies en conséquences. Il était vêtu d'une armure de cuir souple, était relativement grand par rapport aux autres, la preuve en étant qu'Eyris ne lui rendait qu'une tête, contrairement au reste de la troupe qui lui devait bien deux ou trois têtes selon les cas. Elle savait pouvoir compter sur lui pour couvrir ses arrières en cas de pépin.
Eyris leva enfin le bras à hauteur de son visage et appliqua son doigt sur le sceau digital fermant l'enveloppe, celle-ci s'ouvrit et 1691 en sortit la feuille de papier pliée en trois pour la lire à haute voix :
"Ordre de mission pour la 17eme Compagnie de Veilleurs,
A : Commandant Eyris Ijlan, matricule 1691
De : Amiral Grégor Nay, Commandant de la Base EVEIL
Sujet : premier ordre de mission
Votre mission est de vous rendre en France, dans le Sud, à la ville de Marseille, y aura lieu la première intrusion sérieuse et organisée anticipée. Vous devez localiser le point d'apparition du portail et sécuriser le lieu avant l'ouverture de celui-ci. Vous devez empêcher le portail de s'ouvrir si possible, sinon vous devez vous assurer que les intentions de ceux qui en sortiront ne sont pas belliqueuses – ce qui est peut probable – dans le cas contraire vous devez éradiquer toute forme de vie, voire de non-vie, qui sortirait de ce portail. Vous avez jusqu'au 2 Avril 2012 (calendrier Terre) pour vous préparer. Vous partez en transport aérien à 07h00 minutes précise.
En vous
souhaitant de réussir,
Amiral Nay"
Eyris prit un moment pour scruter le visage de ses Lieutenants, aucun signe de surprise manifeste, tant mieux, cela signifiait qu'ils n'avaient rien remarquer à son émotion quand elle avait su que cette première mission la renverrai aux origines de sa vie, à sa vie d'avant EVEIL. Ils le découvriraient en temps utiles. Elle se racla la gorge et reprit d'une voie neutre et parfaitement contrôlée :
"Rassemblez les Veilleurs dans l'amphithéâtre d'ici une demi-heure, cela me laissera le temps de cogiter un plan et un programme de préparation d'ici là.
Euh...
Et bien ?? quoi ?? vous avez vos ordres, Exécution !!
A vos ordres mon Commandant, répondit le premier Eykolan, il sortit alors aller trouver les soigneurs et les prévenir."
Les autres firent de même envers leurs classes respectives, "Ils ont encore un peu de mal à réaliser que je suis leur supérieure maintenant... bah, ça date de quelques heures, ils s'y feront, mais ça sera dur pour tous au début, pour moi comme pour eux..." sur ces pensées Eyris parti pour l'amphithéâtre, elle avait une stratégie à préparer...
Base EVEIL, amphithéâtre, 15h10
Les Veilleurs étaient tous là, assis sur les gradins de l'immense amphithéâtre, attendant qu'elle parle, regroupés par fonctions. Elle se tenait sur l'estrade, plus impressionnante encore que d'ordinaire dans son uniforme de Commandant. Elle portait aux jambes un pantalon de toile bleue, renforcé et ignifugé, par dessus venaient des grèves de plate bleue gravée. En haut elle portait un justaucorps bleu également, fait d'une matière nouvelle, alliant la légèreté du tissu à la résistance du cuir ignifugé aussi. Venait un manteau fermé en haut et dont les pans dépassaient de la cuirasse qui constituait la protection finale en haut pour tomber devant les grèves dont les gravures enchantées luisaient dans la pénombre. Enfin elle portait des épaulières et des protections sur les avant-bras. Le tout se déclinait dans les tons de bleu, offrant à l'œil un dégradé impressionnant par ce qu'il recelait de nuances et de reflets. Elle pouvait de plus, au besoin, matérialiser un heaume assortit au reste pendant les combats. Elle ne portait aucune arme visible, elle pouvait en effet en matérialiser au besoin. La plupart du temps sa magie lui suffisait, à l'entraînement en tous les cas.
"Bien, notre première mission viens de nous être confiée, il s'agit d'un "classique". En effet, dans les années à venir nous seront toujours en guerre contre le même ennemi, un ennemi redoutable sur lequel nous savons peut de choses. Nous les appelons Intrus, ils sont certainement beaucoup plus nombreux que nous, et ils veulent nous conquérir. Cependant nous avons sur eux un avantage indéniable : ils ne sont pas dans la même dimension que nous et ne peuvent entrer dans la notre que par des portes dont des phénomènes métaphysiques complexes permettent de déterminer l'emplacement et le le jour, si ce n'est l'heure, d'apparition. Jusqu'à présent les Intrus se sont contentés de nous envoyer des éclaireur, cela provoquer les premier éveil, et provoquer la création d'un corps d'armée spécial, basé dans LE pays de la magie et des légendes et mythes magiques : l'Irlande. Ainsi est née la base de code Echo Victor Echo India Lima, ou base EVEIL*, comme le mot français désignant ce phénomène. Car c'est un français qui fut le premier éveillé, son nom importe peu, ce qui importe c'est qu'il a défendu la Terre seul pendant des années, pendant que l'on mettait au point des méthodes permettant de détecter les potentiels d'EVEIL chez les jeunes. Si nous sommes rassemblés ici aujourd'hui c'est, en grande partie, grâce à lui et à son travail.
Nous allons donc retourner aux origines, les siennes comme les miennes. Nous allons en France, dans le Sud à la ville de Marseille. Des méthodes de triangulation basiques nous permettrons de, une fois sur place, déterminer précisément le lieu d'apparition du portail. Nous clôturerons la zone pour d'évidentes raisons de sécurité puis nous mettrons en place nos défenses. Nous irons à 800 car on ne sait quelle force nous sera opposée. Les Phénomènes indicateur récents laissent à penser que l'ouverture sera plus grande que de coutume, d'où le besoin que nous intervenions nous, plus important et organisé corps des Veilleurs à ce jour. Une fois sur place et le périmètre bouclé, nous nous placerons en formation standard, elle désigna d'une baguette – sortie du néant - un dessin sur l'écran derrière elle, Guerriers devant, mages et soigneurs en retrait, assassins dispersés au milieu du tout, camouflés prêts à intervenir. Pas de fantaisie, on reste classiques, et efficaces. Demain sera consacré à la préparation logistique, nous partons le 2 Avril au matin, à 07h00 précises. Des questions ?"
Alors que personne ne disait mot un voix s'éleva d'à côté de la porte de l'amphithéâtre, en hauteur :
"Me permettrez-vous, Commandant, de prendre la parole depuis l'estrade ? Demanda une voix que l'on devinait fatiguée et vieillissante.
Bien sûr, mon Général, répondit une Eyris surprise de reconnaître un des Généraux du Haut Commandement.
Merci bien, remercia ce dernier en montant sur l'estrade. Veilleurs, vous avez, comment dire, l'honneur d'être notre première ligne de défense contre les intrusions paranormales en ce monde. Sur vous reposent nos espoirs de liberté, de vie, de "normalité" si j'ose dire en présence d'une telle assemblée. Vous êtes différents, cependant vous êtes dirigés par un Commandant que je devine formidable, elle-même sous les ordres d'un Amiral audacieux. Toutes les chances sont de votre côté, veillez, c'est le cas de le dire, à vous montrer digne de tels dirigeants. Peu nombreux sont ceux qui ont la chance de partir au combat avec un Commandant qui charge en tête plutôt que de rester cloîtré dans un bunker à l'arrière. Vous êtes la fierté secrète des nations du monde, Veilleurs, et bientôt le monde vous connaîtra et vous adulera pour vos exploits."
Il s'écarta du pupitre d'où il avait tenu son discours et, avant de descendre de l'estrade, s'adressa à Eyris en ces mots :
"Me ferez-vous l'honneur de m'accepter à votre table ce soir ? Parmi vos Soldats ? Mes homonymes ont la conversation ennuyeuse et sont un peu coincés...
Ce... Tout l'honneur sera pour nous mon Général, répondit une Eyris stupéfaite mais ravie."
A la sortie de l'amphithéâtre, elle croisa l'Amiral Nay qui lui adressa un simple sourire accompagné d'un signe de tête, pour ne pas interrompre sa conversation avec le vieux Général, "Il s'est encore surpassé." pensa-t-elle. Une première victoire, la guerre ne commençait pas si mal...
* : En français dans le texte
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